À la patinoire de Royal City, à Hanoï, la championne française prend sous son aile une vingtaine de jeunes patineurs vietnamiens. Certains sont déjà engagés en compétition. D'autres font leurs premiers pas sur la glace. Certains ont à peine cinq ou six ans.

Elle observe, corrige, encourage…
Un geste repris, une chute accompagnée, une main tendue.
La transmission passe par le détail, par l’attention, par une exigence discrète. Pour ces jeunes, l’instant a valeur d’événement. Lê Hoàng Huong Linh, membre de l’équipe de patinage de Hanoï:

Au-delà de la technique, c’est une projection qui s’ouvre.
-«Aujourd’hui, je suis vraiment très contente d’être venue m’entraîner ici. Elle patine tellement bien… et elle m’a appris plein de nouveaux mouvements.», confie une petite patineuse.
-«Pour moi, c’est une expérience totalement nouvelle. Je débute à peine, mais elle m’a montré comment bien s’échauffer. Elle est très professionnelle. Cette rencontre m’a vraiment donné envie de continuer ce sport sur le long terme.», partage une autre.
Surya Bonaly, elle, transmet aujourd’hui ce que des années de carrière lui ont appris:

Pendant une heure, pas de triples axels ni de quadruples sauts. Les gestes transmis sont simples, fondamentaux. Mais leur valeur est immense.

Lê Bùi Thanh Hang, médaillée d’argent aux championnats nationaux juniors et entraîneuse maintenant:

L’événement est organisé par l’Institut Français du Vietnam, en partenariat avec la Fédération vietnamienne de roller et de patinage. Pour Trinh Thi Trang, secrétaire générale de la Fédération vietnamienne de roller et de patinage, cette venue est une opportunité rare:
Car au Vietnam, le patinage artistique reste un sport confidentiel. Manque d'infrastructures, peu d'heures de glace, rares confrontations internationales. Surya Bonaly ne l'ignore pas:
«C'est chouette d'avoir une passion, après c'est vrai que quand on veut être champion, pour aller progresser, il faut vraiment essayer d'avoir une vraie patinoire à soi. Parce qu'une patinoire dans un mall, c'est difficile parce que les heures ne sont pas pratiques. Quand on patine dans une vraie patinoire avec beaucoup d'heures disponibles pour un champion, pour être si possible progressé et avoir de l'avenir, il faut beaucoup d'heures d'entraînement. Et souvent, c'est ça, en Amérique, pourquoi les Américains progressent beaucoup, c'est qu'ils ont énormément de patinoires privés, bien sûr, et des patinoires qui donnent beaucoup d'heures. Et donc certains élèves s'entraînent 5-6 heures par jour. C'est ça qui fait la différence avec les autres pays», explique-t-elle.
Et ses mots aux jeunes patineurs sont simples:

Après la séance, l'émotion se prolonge au bord de la glace. Les jeunes patineurs offrent à Surya Bonaly quelques présents, modestes mais sincères.

Souriante, elle prend le temps de signer des autographes — pour chaque élève, chaque passionné venu à sa rencontre. Qui sait ? Un jour, peut-être, le Vietnam comptera parmi ces noms qui brillent sur la scène internationale du patinage artistique.
